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Ces livres qui agrandissent nos demeures « par en dedans »

Ceux qui nous sauvent 
de notre vie ne savent 
pas qu’ils nous sauvent 

 

 

Voilà ce que l’on retrouve en exergue de La grande vie de Christian Bobin. Ce que disent ces quelques vers est particulièrement vrai lorsque l’on songe aux auteurs et à leurs oeuvres 

 

Je crois aussi qu’en cette période de confinement, les livres sont le meilleur moyen de donner des ailes pour échapper aux murs et aux frontières. Le meilleur moyen d’agrandir nos demeures « par en dedans ». Ouvrir un livre, c’est ouvrir une porte, puis une autre, puis encore une autre; c’est déployer les volets, faire entrer la lumière, respirer le grand air de l’aventure, des vertiges émotionnels, de la rêverie.  

 

Enfant, j’étais insomniaque. Confinée à mon lit la nuit, j’allumais ma lampe de chevet et immanquablement, j’ouvrais un livre et poursuivais ainsi les plus grands voyages qu’il m’aura été permis d’entreprendre dans ma vie. Ce que j’en ai fait alors des chevauchées extraordinaires dans de vastes champs, des virées rocambolesques en cyclomoteur dans les ruelles de Paris, des randonnées interminables au cœur de forêts envoûtées, de longues expéditions en voilier au bout du monde! 

 

D’ailleurs, lorsque j’étais petite, j’étais fascinée par le bout du monde. J’adorais l’imaginer bien réel, mais toujours « repoussable », comme si par magie, il se déplaçait toujours de plus en plus loin. Déjà, sans en avoir pleinement conscience, je percevais l’extension du monde, ce « grandir par en dedans » s’appliquait autant à la Terre qu’à la cartographie intérieure qui lentement se dessinait en moi, notamment grâce aux livres.  

 

En cette période de confinement, de fermeture des frontières internationales et régionales, de port de masque, de plexiglas entre humains, où tant de choses nous pressent de délimiter l’univers autour de notre propre demeure et de notre propre corps, les livres nous tendent la main pour nous mener vers des contrées fantastiques au cœur de nous-mêmes. Prenons-la. Spécialement aujourd’hui, 23 avril, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Parce que lire, c’est choisir d’être libre en quelque sorte et malgré tout.  

 

Et le plus merveilleux dans tout ça, c’est qu’il est possible de commander des livres en ligne afin qu’ils soient livrés à notre porte, d’acheter des livres en format numérique ou de les emprunter sur les sites Internet des bibliothèques. Et encore, ce qu’il y a de formidable aussi, c’est que les livres ne s’autodétruisent pas automatiquement après la lecture et qu’il est possible de relire autant de fois que désiré ceux que l’on possède déjà et d’ainsi recommencer le voyage qui n’est pour autant jamais le même.  

 

 

- Isabelle Forest, responsable de la programmation