Faire jaillir la lumière

Un message de Frédéric Fortin, directeur général de L’ICQ (L’ICQ est gestionnaire de la Bibliothèque de Québec et de la Maison de la littérature)

Comme pour vous toutes et tous, les derniers jours ont été frénétiques pour l’équipe de L’ICQ (L’Institut Canadien de Québec). Il y avait d’abord l’inquiétude partagée, l’incrédulité devant la teneur des actualités, la tristesse devant les vagues d’annulations et de fermetures. 

Pour nous s’ajoutait ce souci, au cœur même de notre mission, de protéger les citoyennes et citoyens, les collègues, les partenaires, les artistes. Nous avions à naviguer entre un lot d’urgences et d’imprévus : fermeture des bibliothèques et de la Maison de la littérature au public, annulation ou report de centaines d’activités ou de spectacles prévus, annulation du festival Pop numériQC dont la programmation, qui devait être dévoilée le 24 mars, nous rendait si fiers, mise en suspens de projets que nous avions si hâte de vous présenter (résidences de création, projets internationaux, etc.), implantation d’un mode de travail hybride auquel nous nous habituons de plus en plus.  

Depuis jeudi dernier, nous avons agi en ayant à cœur de limiter l’impact sur les artistes, partenaires, collaboratrices et collaborateurs - nous croyons avoir un rôle à jouer pour préserver l’équilibre précaire de ces acteurs importants de nos communautés. Cela s’incarne notamment par notre décision de respecter les engagements financiers pris à l’égard de chacun et chacune.

Le milieu culturel, comme bien d’autres sphères de l’économie, se trouve ébranlé. Les événements annulés ou reportés sont légion - pensons dans notre région à Québec BD, au Salon international du livre de Québec (tout comme ceux de Trois-Rivières et de la Côte-Nord) et au Festival de contes et menteries. Plusieurs autres diffuseurs littéraires au pays ont également dû faire ce choix difficile, pensons à Metropolis bleu de Montréal ou au festival Frye de Moncton. Nous partageons leur peine devant ce choix déchirant, mais nécessaire. 

Aujourd’hui, nous avons de douces pensées pour tous ces résistants et résistantes qui continuent de s’activer, jour après jour, heure après heure, pour le bien collectif. Nous saluons le courage des citoyennes et citoyens, des artistes, des organismes qui font preuve d’une solidarité magnifique. Nous avons aussi une pensée pour toutes celles et tous ceux qui fréquentaient nos lieux au quotidien, notamment les plus vulnérables de la société.

Et malgré tout, il faut s’accrocher à la beauté. Le milieu culturel n’est pas en reste avec de nouvelles formes de projets artistiques, des diffusions élargies d’initiatives de toutes sortes. À Québec, nous ne pouvons que saluer cette capacité de rebondir du Mois de la poésie qui offre une programmation numérique. Ou cet appel des éditions Alto qui remettront 2 $ par livre Alto vendu en mars au Fonds de riposte de l’Organisation mondiale de la Santé. Il est beau de voir ces élans de bienveillance entre collègues, entre collaborateurs et collaboratrices, entre événements.   

De notre côté, à notre humble façon, nous souhaitons, plus que jamais, faire jaillir la lumière, raviver l’espoir et continuer de soutenir la création. Laissons-nous inspirer par la puissance du printemps pour penser le confinement autrement et continuer de faire ce que nous faisons le mieux : donner du sens, inspirer, mettre de la beauté dans le quotidien.

Au cours des prochains jours, sur la page Facebook de la Maison de la littérature, des auteurs et autrices dédieront des poèmes, illustrations et réflexions à des compatriotes, pour que la flamme continue de brûler. Sur celle de L’ICQ, nous vous ferons part des belles initiatives pour donner accès au savoir et à la culture de manière virtuelle.
 
Au nom de toute l’équipe de L’ICQ, restons solidaires et en contact.