Cet entretien, mené par Alain Beaulieu avec l’écrivaine Esther Croft, date du début des années 2000. Elle y retrace son parcours personnel et littéraire. Elle évoque son enfance marquée par le silence, le non-dit et l’insécurité affective, qu’elle associe au contexte social du Québec des années 1950. Elle explique comment ce silence est devenu une source fondamentale de création et a façonné son rapport au langage, à l’écriture et à l’imaginaire. Croft revient sur son cheminement vers la nouvelle, un genre qu’elle n’a pas choisi consciemment, mais qui s’est imposé à elle après la mort de son père et la nécessité d’écrire hors de toute intention de publication. L’écrivaine insiste sur l’importance du ton et de la voix singulière, tant dans son écriture que dans les ateliers de création qu’elle anime. Enfin, elle nuance le lien entre écriture et thérapie, affirmant que l’écriture peut avoir un effet thérapeutique, mais seulement si elle demeure libre de toute finalité explicite.
Esther Croft est née à Québec où elle dirige des ateliers d’écriture depuis maintenant vingt-cinq ans. Elle a signé plusieurs textes radiophoniques, collaboré à différentes revues et publié trois recueils de nouvelles et un roman. En 1994, elle a obtenu le prix Adrienne-Choquette pour son recueil Au commencement était le froid (Boréal, 1993). Son roman, De belles paroles (XYZ éditeur, 2002), a remporté le Prix France-Québec (prix Philippe-Rossillon), prix des lecteurs. En 2006, elle recevait le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour la région de Québec.
Je vous entends écrire est une série de trente et un entretiens avec des écrivain.e.s de la région de Québec. Ces enregistrements avec des auteurs et des autrices important.e.s ont été réalisés entre 1999 et 2002.
Production, réalisation et animation: Alain Beaulieu
Diffusion initiale: CKRL 89,1
Série produite avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec
Tous droits réservés Alain Beaulieu (reproduction autorisée après entente)