Retour sur la page blogues

Sur un air d’été

Le Festival d’été de Québec – vous dire le bonheur que nous avons eu d’accueillir la grande Jane Birkin à la Maison! –, la Coupe du Monde, les virées en vélo, les soirées collantes en bordure du fleuve… L’été est comme une grande respiration nécessaire parmi ces semaines, ces mois qui se déploient trop vite. 

 

Une grande respiration, c’est probablement la sensation ressentie par les résidents qui débarquent à la Maison le temps d’un mois ou deux d’écriture. Qu’ils viennent d’Acadie, de Bordeaux, de Paris, de Montréal ou d’ailleurs, les écrivain.e.s sont accueillis chaleureusement dans un lieu que j’adopterais moi-même aisément si je pouvais y installer mes pénates pendant quelques semaines. La vue – la vue! –, l’accès privilégié (et tentant) à la bibliothèque, le décor inspirant de notre quartier historique, la proximité des cafés et autres commerces : les semaines défilent vite pour ces auteur.e.s que nous prenons chaque fois plaisir à connaître.

 

Depuis mon arrivée, j’ai été charmé par le sérieux de la démarche de Nassira Belloula, reçue dans le cadre de la résidence Exil et liberté en collaboration avec le Centre québécois de P.E.N. international; par l’ouverture et la joie de vivre des Bordelais Tiphaine Gantheil et Timothée Morisse, et par l’accessibilité et le regard vif de Marie Cadieux, récipiendaire du prix Champlain. Depuis quelques jours, la Maison accueille Tristan Février-Baillargeon, un écrivain de la relève locale, et qui travaille à un recueil de poésie. Après lui se succéderont le candidat retenu de la résidence Québec-Paris, puis le récipiendaire de la résidence québécoise d’écriture. L’an dernier, la poète Maude Veilleux a été la première lauréate de cette résidence.

 

C’est une joie de côtoyer les auteur.e.s pendant cette période d’arrêt, de silence, de création, d’observation. On ose parfois jeter un regard par-dessus leur épaule, mais on les laisse surtout profiter pleinement, et de la façon qui leur convient, de ces semaines passées au cœur de notre ville. C’est toujours avec un serrement au cœur qu’on leur dit au revoir, alors que la vie – la vraie, l’effrénée – les avale de nouveau. Et quelques mois, quelques années plus tard, on sourit lorsqu’on voit arriver sur les rayons de notre bibliothèque le fruit de leur passage parmi nous.

 

L’Institut Canadien a accueilli une soixantaine d’écrivain.e.s depuis les débuts de son programme de résidence, il y a un peu plus de 10 ans. Merci à tous ceux et celles qui, en séjournant ici, ont fait respirer ce lieu d’un élan créatif tellement inspirant.