Réjean Ducharme – 1941-2017

Vous savez, après avoir vécu de rêves, ceux des autres surtout, comme on vit d’amour, comme
on vit dans une bibliothèque, où on ne rend pas tout ce qu’on prend malgré ce qu’on dit…
J’ai bien le devoir de voir tout court plutôt que de mériter toute cette attention si généreuse.
Mais qui suis-je, quel ingrat, pour ne pas me fier au jugement de ceux, celles qui me l’accordent.
Et tant mieux après tout si, au lieu d’un bilan sur moi, on a un faible pour moi.
C’est la justice que je préfère.

 Mot de Réjean Ducharme lu par Claire Richard lors de l’inauguration
du festival Québec en toutes lettres consacré à l’écrivain en 2011.

La mort de Réjean Ducharme secoue l’univers littéraire et culturel québécois. Pas tant à cause de l’homme – sa figure était pratiquement inexistante – mais pour son œuvre, bien sûr, pour ses romans, pour son théâtre, pour ses scénarios de film et ses textes de chanson.

Un grand écrivain au style unique, dont la filiation dans la littérature québécoise, depuis les années 1970, est forte, prégnante, sensible. Combien de héros jeunes, qui peinent à sortir de l’enfance ou de l’adolescence, qui se rebellent contre le monde adulte, peuplent les pages de notre littérature, nos pièces de théâtre, nos films? Combien le doivent aux personnages de Ducharme ou à sa vision du monde?

Réjean Ducharme fait partie des incontournables de notre littérature, et donc de l’exposition En toute liberté de la Maison de la littérature. Dans les prochains mois, nous trouverons l’occasion de souligner de manière appropriée l’importance de cet écrivain hors norme. En attendant, l’occasion est belle de revisiter ce texte, paru en août 2016 sur notre blogue, qui rappelle les circonstances entourant la publication de L’Avalée des avalés.